Festival International du Film des Droits Humains de Paris

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DES DROITS HUMAINS DE PARIS 2018

Du 5 au 18 décembre la plus grande manifestation culturelle sur les droits humains en France. La 16ème édition du Festival International du Film des Droits Humains de Paris pour raconter de manière essentielle sur le grand écran des situations extrêmement complexes. Un festival de cinéma consacré exclusivement aux droits humains. Deux semaines de projections de films et de documentaires sur les violations de la dignité humaine aux quatre coins du monde. Le cinéma qui informe, lance le débat et dénonce. Le cinéma qui touche nos consciences, qui nous pousse à prendre position, qui nous invite à être des citoyens actifs au-delà de nos frontières.

 

COMPÉTITION

ANTOINE de Julie Bruchert et Gabriel Laurent – Le scandale qui a touché le Luxembourg et certaines multinationales. Un système de fraude fiscale bien conçu qui a permis de   détourner des centaines de millions d’euros aux états membres de l’UE. Antoine a divulgué 2800 pages de preuves accablantes contenues dans le texte d’un accord qui a indigné des millions de citoyens européens. Accusé par la justice luxembourgeoise pour violation du secret commercial, en attente de son procès, Antoine essaye de reprendre une vie normale.

A THOUSAND GIRLS LIKE ME de Sahra Mani – Depuis 2009 en Afghanistan les violences sexuelles contre les femmes sont punies pénalement. Elles sont néanmoins peu nombreuses à les dénoncer. Khatera une jeune fille d’une vingtaine d’années a décidé de franchir le pas. Son père a abusé d’elle durant toute sa fille d’enfant et d’adolescente, entrainant plusieurs grossesses. De cette violence est née une enfant. Khatera a raconté son histoire dans un programme de télévision, où elle arrivée de nouveau enceinte. Le fils qu’elle porte est de son père.

AMAL de Mohamed Siam – Amal a quatorze ans lorsqu’elle se joint aux protestations de la place Tahrir. Cinq années se son écoulées depuis et Amal est désormais une adulte. Un monde où elle n’a pas trouvé les promesses de liberté et de démocratie qu’avait amené le vent des Printemps Arabes. A travers son histoire le reflet d’une génération qui n’a pas cessé de croire au changement.

LE MUR de Cam Christiansen – Un long-métrage d’animation le long des deux parties du mur qui divise Israël et la Palestine. Un regard nu et cru sur les effets que la séparation physique des deux peuples a produit sur leurs cultures et leurs vies. En particulier sur les palestiniens de l’autre côté du mur.

LE ROYAUME de Laurent Reyes et Gabriel Laurent – La répression des minorités ethniques au Myanmar, au cœur de la jungle. Un groupe d’américains évangélistes et de paramilitaires engagés dans le secours des populations persécutées par le gouvernement central confronté quotidiennement avec le conditionnement du fanatisme religieux et du prosélytisme idéologique.

LETTER FROM MASANJIA de Leon Lee et Sun Yi – Une femme de l’Oregon, Julie Keith, achète une boîte de décoration d’Halloween dans un grand magasin. Elle trouve à l’intérieur une lettre, une demande d’aide écrite par un prisonnier de Masanjia, un camp de travaux forcés à Shenyang, en Chine. Keith poste la lettre sur les réseaux sociaux provoquant l’indignation de nombreuses personnes jusqu’à l’abolition du système de rééducation dans les camps de travail encore pratiqué en Chine de nos jours.

KINSHASA MAKAMBO de Dieudo Hamadi – Un reportage sur les évènements de la République Démocratique du Congo entre 2016 et 2017 lorsque le président en charge Joseph Kabila refuse de démissionner, alors que le héros national Étienne Tshisekedi revient sur le devant de la scène pour tenter de trouver un accord avec Kabila, en vain. La résistance armée des combattants congolais à travers le portrait de trois jeunes activistes: Christian, Ben, et Jean-Marie. Leur lutte, chaque jour sur le fil du rasoir jusqu’à l’arrestation et la torture. Une réflexion sur la valeur de la violence et sur sa légitimation comme arme pour combattre un régime autoritaire et répressif.

THE STATE AGAINST MANDELA AND THE OTHERS de Nicolas Champeaux et Gilles Porte – L’histoire de la lutte contre l’apartheid n’est pas le seul fait de Nelson Mandela. Pour le centenaire de sa naissance, 256 heures d’archives sonores nous racontent le porche historique qui aboutit à la condamnation entre 1963 et 1964 de cinq noirs, un blanc et un indien.

REVENIR de David Fedele et Kumut Imesh – Le journal de voyage autobiographique de Kumut Imesh, un réfugié de Côte d’Ivoire qui vit désormais en France. Kumut retourne en Afrique pour reconstruire le voyage qu’il a fait des années auparavant pour fuir la guerre civile. Kumut documente son voyage sous deux points de vue, pour celui qui est face à la caméra, et celui qui est derrière la caméra comme lui. L’aspiration à la liberté et à la dignité sur une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

SILAS de Hawa Essuman et Anjali Nayar – Au Libéria l’activiste Silas Siakor combat contre la déforestation illégale des grandes multinationales, contre la corruption endémique du pays qui a fait du bois une arme de guerre puissante.

THE GIRLS OF MERU di Andea Dorfman – Au Kenya une jeune adolescente est violée le long de la route qui la ramène chez elle. La police, comme dans d’autres cas similaires n’enquête pas, alimentant un climat d’impunité. Une équipe internationale dirigée par l’avocate canadienne Fiona Sampson et Tumaini Shelter, responsable de l’ONG Ripple International, tente de lancer une action de défense de 11 jeunes filles victimes de viols.  Une action inédite qui vise à sensibiliser l’opinion publique et à pousser la police nationale à intervenir pour la défense des nombreuses jeunes femmes sous la menace de violences sexuelles.

VOCES DE GUERRILLA de Sjoerd van Grootheest – Avec la signature de l’accord de paix entre le gouvernement et les FARC, plus de 200 guerriers ont rendu les armes pour entrer dans la vie civile. Le film va à leur rencontre, plongeant dans leur passé, dans l’idéologie des FARC, dans leur vision de l’avenir et leur adaptation à la vie civile. Un chemin tortueux et qui présente de nombreuses inconnues. Un gouvernement, celui de Duque Marquez, incapable et réticent à maintenir les promesses de paix et de sécurité pour les ex combattants des FARC.

WHEN THE WAR COMES de Jan Gebert – Peter Švrček provient d’une famille de la classe moyenne, il étudie et il a une fiancée. Une vie normale s’il ne craignait pas pour le futur de son pays, la Slovaquie, dont il pense qu’il est trop exposé à l’immigration et au risque consécutif de guerre civile. Peter pense qu’il va y avoir une guerre civile et il veut être prêt à combattre. Avec une douzaine de camarades, il met en place un groupe paramilitaire et projète d’entrer en politique pour protéger la Slovaquie des étrangers. Le gouvernement, au courant de l’existence de ce groupe, de leurs idées et du racisme qui les anime les laisse faire.

 

HORS COMPÉTITION

WHEN GOD SLEEPS de Till Schauder – Tourné en Allemagne en 2015, le film se concentre sur la vie de Shahi Najafi et de sa lutte pour organiser une tournée à la veille de la révolution iranienne de 1979. Sa musique critique ouvertement l’islamisme, s’exposant à de nombreux dangers.

MR GAY SYRIA de Ayse Toprak – Mahmoud est le fondateur du mouvement LGBT en Syrie. Il vit comme réfugié à Berlin où il travaille pour une ONG qui aide les demandeurs d’asile homosexuels. Husein a 24 ans et il est un réfugié syrien homosexuel à Istanbul où il est arrivé clandestinement avec sa famille. Leurs routes se croisent car ils ont tous les deux un rêve commun: participer au concours international Mr Gay World qui aura lieu à Malte. Pour Husein c’est l’occasion de chercher refuge en Europe. Pour Mahmoud c’est le lieu idéal pour sensibiliser sur la cause LGBT en Syrie et au Moyen-Orient. La difficulté d’être gay dans une société homophobe, le défi de le revendiquer, un regard unique sur la condition de ceux qui ont quitté leur pays et leur famille à la recherche d’une vie meilleure.

THE CLEANERS d’Hans Block et Moritz Riesewieck – Qui nettoie Internet? Qui décide ce que nous devons lire ou non sur le web? The Cleaners, des milliers de personnes aux Philippines examinent chaque jour pour le compte des grandes plateformes technologiques des milliers d’images et de contenus, exerçant ainsi une censure globale. Un paradoxe si l’on pense à la bataille parallèle que de nombreux peuples conduisent contre la censure en ligne pratiquée par des régimes oppresseurs et liberticides.

MICHEL THIERRY ATANGANA, SCANDALES D’ETATS de Katia Clarens – Michel Thierry Atangana, homme d’affaires français, a passé quinze ans de sa vie derrière les barreaux dans une prison au Congo pour détournement de fonds publics. Les accusations étaient fausses et basées sur des motivations politique: Atangana était proche de l’homme qui voulait défier l’inoxydable Biya, le président qui gouverne le Cameroun depuis 1982, et accusé de graves violations des droits humains. L’histoire de Michel Thierry Atangana en est une preuve.

POISSON D’OR, POISSON AFRICAIN de Moussa Diop et Thomas Grand – La pêche dans le sud du Sénégal nécessite de nombreux travailleurs provenant des pays limitrophes: Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Guinée, mettant en danger les ressources halieutiques de la zone et le vie des communautés locales. La présence d’une usine chinoise qui produit de la farine de poisson empire la situation et la vie de la population qui se voit privée de sa principale source de subsistance économique.

TUNISIE, JUSTICE EN TRANSITION de Ricardro Gonzalez et Marc Almodóvar – L’Instance pour la Vérité et la Dignité est l’institution tunisienne créée pour l’application de la justice. Son devoir n’est pas seulement d’enquêter les crimes commis durant la dictature de Ben Alì, mais aussi ceux commis durant les années du règne de Bourguiba. Les soixante cinq mille dossiers instruits jusqu’à présent témoignent d’un passé de tortures, d’expropriations arbitraires, de meurtres et de violations des droits humains.

THE ACT OF KILLING de Joshua Oppenheimer – La répression anti-communiste de 1965 en Indonésie. Environ un million de morts, tués pour des raisons politiques. Les témoignages de ceux qui ont commis les massacres, de petits criminels meurtriers et et assassins à la solde de la dictature militaire. Certains d’entre eux vivent impunément aujourd’hui en Indonésie, voire sont même célébrés comme des héros.

 

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